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Agi’Lille 2026 : apprendre, partager et… transmettre

Conférence Agi Lille 2026 Néosoft

Sommaire

  1. Agi’Lille 2026 : ces conférences qui ont retenu notre attention
  2. De la salle à la scène : être speaker à l’Agi’Lille
  3. 3 enseignements à retenir de l’Agi’Lille 2026
  4. Agi’Lille : le dernier rendez-vous ?

Les 24 et 25 juin derniers, nos équipes participaient à l’Agi’Lille 2026, l’un des rendez-vous incontournables de la communauté agile francophone. Organisé par l’association Nord Agile, l’événement rassemble chaque année plusieurs centaines de professionnels autour d’un même objectif : partager des retours d’expérience concrets, confronter les pratiques et explorer les évolutions qui façonnent nos métiers.

Dans cet article, découvrez le retour d’expérience d’Anthony : les conférences qui l’ont marqué, son retour d’expérience en tant que speaker et les échanges qu’il retient de cette (dernière ?) édition.

Il y a des conférences dont on retient les slides, et il y a celles dont on retient surtout les rencontres. Cette dernière édition d’Agil’Lille 2026 appartient clairement à cette seconde catégorie.

Cette année, j’ai eu la chance de vivre l’événement des deux côtés : en tant que participant, mais aussi en tant que speaker. Deux expériences très différentes, mais finalement complémentaires.

Pour cette 17ème édition, le niveau global des conférences était particulièrement solide. Pas de course à l’effet « waouh » ou aux démonstrations spectaculaires, mais des interventions pragmatiques, sincères et ancrées dans le terrain.

Deux présentation ont retenu mon attention :

Adapter plutôt qu’appliquer : les enseignements de Disciplined Agile

La première conférence qui m’a marqué portait sur Disciplined Agile.

Cette conférence nous a rappelé une évidence que nous avons parfois tendance à oublier : les frameworks ne sont pas des religions. Ce sont des boîtes à outils dans lesquelles chaque organisation peut piocher en fonction de son contexte, de sa culture et de ses contraintes. Adapter sa façon de travailler au contexte reste infiniment plus pertinent que chercher à appliquer un modèle dans toute sa pureté.

Revenir à l’essentiel avec le Product Vision Board

Autre intervention marquante : celle consacrée au Product Vision Board.

Dans un contexte où les discussions tournent souvent autour de backlog, de vélocité ou de roadmap, cette conférence remettait une question fondamentale au centre des débats : Pourquoi construit-on ce produit ?

Avant les fonctionnalités viennent les utilisateurs. Avant les livraisons viennent les hypothèses de valeur. Et avant le « comment », il y a le « pourquoi ». Un rappel finalement simple, mais particulièrement salutaire.

De la salle à la scène : être speaker à l’Agi’Lille

Assister à une conférence est une chose. En animer une, en est une autre.
En tant que speaker, mon objectif n’était pas seulement de transmettre un contenu, mais surtout d’ouvrir une discussion, de susciter des réactions et de confronter les points de vue.

J’ai eu le plaisir de réaliser cet exercice et de présenter deux conférences au cours de cette édition Agi’Lille 2026 :

Repenser les organisations avec la Théorie des Contraintes

La première proposait une relecture de la Théorie des Contraintes d’Eliyahu Goldratt appliquée aux organisations modernes.

L’idée reste d’une simplicité désarmante : la performance d’un système dépend avant tout de son flux et de sa contrainte, pas de l’optimisation locale de chacun de ses composants. Tant que nous continuerons à mesurer l’occupation plutôt que le débit de valeur, nous continuerons à créer du multitâche, des files d’attente et des délais toujours plus longs.

« Dessine-moi un mouton »

La seconde conférence, « Dessine-moi un mouton », était probablement la plus personnelle que j’aie donnée jusqu’à présent.

En m’appuyant sur Le Petit Prince, j’ai essayé de parler moins d’agilité que de nos comportements face à la complexité.

  • Pourquoi cherchons-nous toujours le mouton à cinq pattes ?
  • Pourquoi continuons-nous à promettre des plans dont nous savons qu’ils ne tiendront pas ?
  • Pourquoi avons-nous tant de mal à retirer une fonctionnalité, à dire non, à arbitrer ?

Au fond, cette conférence ne parle pas de Scrum ni de Kanban. Elle parle du courage de choisir. Du courage de renoncer. Du courage de dire la vérité, même lorsqu’elle est inconfortable. Parce que la perfection est souvent moins une recherche d’excellence qu’une stratégie de protection.

Les échanges qui ont suivi ont confirmé une chose : les difficultés que rencontrent nos organisations sont rarement uniquement techniques. Elles sont souvent profondément humaines.

3 enseignements à retenir de l’Agi’Lille 2026

Au-delà des conférences, ce sont aussi les échanges avec les autres intervenants qui m’ont marqué. Trois idées en particulier continueront de nourrir mes réflexions.

La stratégie est une pratique collective

Rachel Dubois a démontré que les organisations ne manquent pas de stratégie, mais de formulations réellement efficaces. Le Strategy Sprint en 5 jours, inspiré du Design Sprint, propose de construire en quelques jours une stratégie concrète grâce à un cadre précis : une vision partagée, un récit, une feuille de route et un stress test permettant de confronter les choix aux réalités du terrain.

Une approche qui rappelle qu’une stratégie n’a de valeur que si elle est comprise, puis mise en pratique.

La dette technique peut être un choix assumé

Ludovic Lefebvre proposait un regard différent sur la dette technique.

Plutôt que de la considérer systématiquement comme un échec, il invitait à la voir comme un investissement intentionnel. Selon lui, il faut savoir s’endetter pour accélérer, mais avec une gouvernance claire : catégoriser la dette (risquée, planifiée, découverte), mesurer son coût, et la rembourser en boucles courtes.

Une manière beaucoup plus mature d’aborder un sujet souvent réduit à une simple liste de tickets.

Le courage de dire non

Enfin, Gwendoline Cartier a rappelé que refuser c’est protéger sa capacité d’agir et que les “drivers” internes (“sois parfait”, “fais plaisir”) sont les véritables freins de l’agilité.

Refuser une demande n’est pas bloquer un projet. C’est parfois protéger sa capacité à créer de la valeur.

Agi’Lille : le dernier rendez-vous ?

Et puis il y avait cette atmosphère particulière… parce que c’était la dernière Agil’Lille.
On mesure parfois la valeur d’un événement le jour où il disparaît.

Pendant des années, Agil’Lille a été un lieu où l’on venait confronter ses idées, rencontrer des personnes que l’on ne voyait qu’une fois par an, découvrir de nouvelles approches, remettre en question ses certitudes et, surtout, faire vivre une communauté.

Voir s’arrêter un événement de cette qualité est forcément un peu triste.

Mais c’est aussi un rappel utile. Les communautés ne vivent pas grâce à leur histoire. Elles vivent parce que des bénévoles décident, année après année, d’y consacrer du temps, de l’énergie et beaucoup de passion.

Merci à toute l’équipe d’organisation, aux bénévoles, aux sponsors, aux orateurs et à tous ceux qui ont fait d’Agil’Lille un rendez-vous incontournable de l’agilité française.

Une conférence s’arrête.

Les idées, les rencontres et les discussions, elles, continuent.

Merci à tous ceux qui l’ont fait exister.
Les idées continuent. La communauté aussi.

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