Agile Tour Rennes 2026 : Comment transformer son CFP en expérience collaborative ?

Sommaire
- Comment devenir orateur sur un Agile Tour ?
- Comment se préparer au grand jour ?
- Comment se préparer le Jour J ?
- Comment reprendre le fil de la journée après avoir tout donné ?
- Que retenir de cette édition 2026 ?
On peut s’attrister comme moi de la baisse de popularité des salons agiles. Et on peut également se dire que c’est dans l’adversité que les petites victoires sont les plus éclatantes. Réussir à faire renaître l’agile tour Rennes après un an de pause, c’était une belle victoire de la part de l’équipe organisatrice. Alors on ne va pas bouder notre plaisir, surtout que pour nous à Néosoft et pour moi en particulier, ça a été la première occasion d’y prendre la parole en tant qu’orateur…
Comment devenir orateur sur un Agile Tour ?
Il y a deux ans, je n’avais pas été retenu pour un CFP et quelque part, j’en avais été soulagé. « C’est vrai que les bateaux sont en sécurité au port, mais ce n’est pas pour ça qu’on les construit ». Alors cette année, j’y suis retourné avec une carte supplémentaire à jouer : l’appui de toute notre communauté locale chez Néosoft, à base de motivation collective.
Dès février, nous avons lancé un appel aux bonnes volontés avec un premier atelier simple pour identifier des sujets. Quelques bonnes questions plus tard (J’ai découvert, J’ai réussi, Je me suis cassé les dents, Je me demande) des sujets ont émergé.
Ce n’est pas toujours comme ça, mais ce jour-là nous étions plusieurs et l’alchimie a opéré. On contribue, on se challenge ou on amplifie à outrance l’initiative des uns et des autres puis à la fin : un peu moins d’une dizaine de pitchs dont le titre, on ne se refait pas, flirte avec les pires sites Topito du web. Nous nous étions lancés sur des CFP pour l’agile tour de Rennes !
Plusieurs semaines plus tard, nous rentrions dans le grand bain en recevant ce message d’un des membres de la communauté : « Et maintenant, je fais quoi ? » avec une capture d’écran du mail annonçant que son sujet était retenu. Bref, nous en aurons 3 en tout, à croire que cet atelier de travail a été vraiment plus que prolifique.
Ce que je retiens de cette étape :
- Ce simple meeting de préparation transforme une aventure solitaire en une belle histoire collective,
- Les Call For Paper (CFP) ne demandent pas à ce que le futur talk existe déjà, il s’agit juste d’un pitch; l’investissement reste donc assez faible,
- Si vous êtes pris, embrassez le déséquilibre et la petite peur du vide pour prendre votre élan et produire votre talk.
Comment se préparer au grand jour ?
Tout d’abord, il n’y a pas qu’une seule bonne méthode qui fonctionne… Chacun s’adapte à son rythme et son mode opératoire pour passer du pitch au talk ou à l’atelier. De notre côté, la rédaction s’est plutôt réalisée en solitaire puis nous avons répété collectivement en interne tout en se challengeant à nouveau sur le contenu comme la forme.
Nous avons ensuite choisi d’animer nos prises de parole en duo avec un co-présentateur. c’est toujours plus sympa à partager et cela a de nombreux avantages pratique tout en ouvrant plusieurs possibilités de scénarisation.
Dans la dernière ligne droite, on revérifie bien évidemment les heures de passage, le temps de trajet, le matériel et la copie en local du support si besoin. J’ai même été jusqu’à prévoir de soudoyer mon public avec des bonbons s’il s’en sort correctement à un jeu. Bref, tout est prêt et j’en pour remercier la disponibilité des organisateurs ainsi que leurs réponses rapides et claires à toutes mes question en termes d’organisation et de logistique (mais aussi pour toutes mes autres questions existentielles)
Ce que je retiens de cette étape :
- On ne lésine pas sur les répétitions, quitte à saouler jusqu’à son propre co présentateur,
- Grâce à l’implantation régionale de Néosoft, nous avons également pu compter sur le soutien de nos collègues nantais et manceaux,
- On n’hésite pas à prévoir le pire pour anticiper les grands classiques : taille et disposition de la salle, la projection, le réseau, etc….
Comment se préparer le Jour J ?
J’arrive sur les lieux, plus modestes que le couvent des jacobins utilisé auparavant. La foule est plus modeste qu’alors. Qu’importe : on prêche l’empirisme, la résilience et l’amélioration continue, non ? S’il faut tout reprendre comme au début de l’agilité, avec un peu plus de bricolage, ce n’est pas grave : on avance et on serre les dents !
Quel programme choisir avant mon talk ?
Je vous conseille de toujours débuter par la keynote, ce sont des moments qui donnent le ton à ces journées de partage. Et, je ne me suis pas trompé avec cette conférence de Houleymatou Baldé qui était digne d’un feel good movie. Son récit lance ma journée sur une belle trajectoire!
J’ai ensuite voulu assister au talk de Raphaël Yharrassarry sur « L’impact psychosocial de l’IA sur le futur de nos métiers du numérique » : la salle est bondée, c’est aussi cela les Agile Tour, il faut adapter son programme mais je me promets de regarder le replay d’ici quelques semaines.
Je me rabats donc sur la présentation de Céline Bouché : « Au-delà des a priori. Rex Discovery Produit pour le Secours Populaire Loire Atlantique ». Je suis amusé de constater que c’était peut-être une des meilleures discovery produit à laquelle j’avais pu assister. Sans doute parce que le client était assez éloigné de nos contextes d’intervention habituels. Cette organisation est clairement différente des grandes entreprises avec leurs services IT hyper hiérarchisés et leurs problématiques de gouvernance ou de politique. On y retrouvait au final un vrai intérêt authentique à résoudre un problème, sans pollution de l’écosystème.
Avez-vous vous aussi constaté que l’urgence ou le manque de moyens encouragent la focalisation, et la prise de décision ?
Enfin, 11h25 : c’est à mon tour d’entrer en piste
On s’installe avec Camille, mon copilote du jour. Un gars d’enfer toujours partant pour m’accompagner dans mes plus grandes aventures. J’ai choisi d’animer une discussion interactive autour du thème « Là gît l’agilité » (toute ressemblance avec Pika-Pikachu est volontaire). C’est un format Fishbowl que j’apprécie énormément car il permet de distribuer la parole assez facilement. Nous avons donc placé 2 cercles concentriques de chaises : le public est à l’extérieur, les gens qui ont quelque chose à partager viennent à l’intérieur. L’important étant de toujours laisser une une chaise disponible car quand la dernière est prise, quelqu’un dans le cercle doit spontanément laisser sa place.
Nous étions un peu plus d’une vingtaine et l’heure est passée très vite même si j’ai eu l’impression de ne pas avoir très bien cadencer le groupe. Nous avons peut-être passé un peu trop de temps sur nos diagnostics et nos expériences en fonction de notre contexte sans forcément assez échanger autour de la réponse à apporter. Mais c’était déjà un beau succès sachant que tout notre auditoire est resté jusqu’à la fin de l’atelier.
Concernant nos échanges à proprement dit : Le public que j’ai était essentiellement composé d’agilistes expérimentés. Tous notaient une perte de vitesse et une régression des valeurs agiles sur le terrain. Certains sont fatigués voire un peu perdus, mais tous évoquent leur contentement à faire perdurer comme ils peuvent le sens AU travail quand le sens DU travail peut être compliqué.
Ce que je retiens de notre performance :
- J’avais une appréhension à choisir un format où l’on ne maîtrise pas tout : vont-ils venir ? vont-ils se mettre au centre pour prendre la parole ? Est-ce que l’échange sera intéressant ? Il faut constater que c’est un très bon exercice de lâcher prise.
- On peut faire confiance à la communauté. Elle est bienveillante et tout le monde est content de simplement pouvoir échanger et découvrir les contextes des autres. Ce qui est d’autant plus vrai depuis le Covid à mon sens.
Comment reprendre le fil de la journée après avoir tout donné ?
Je me laisse le temps de redescendre niveau cardiaque et adrénaline. J’ai la chance de pouvoir échanger avec des participants de ma session et je croise aussi quelques visages connus venus me soutenir. Je décide donc de laisser filer un créneau d’atelier pour prendre le temps d’échanger car c’est aussi ça finalement une journée de conférences : profiter de discussions informelles avec ses pairs.
La fin de mon après-midi est répartie entre une prise de parole qui me laisse un peu indifférent (cela arrive, nous ne pouvons pas être réceptif à tous les sujets) et deux heures d’atelier « Simplifiez vos transformations, pensez filtres de décisions ! ». Un filtre de décision peut être illustré par les principes agiles : « Des gens et leurs interactions plutôt que des outils et des process ». C’est une succession de « nudges », des façons de trancher en cas d’indécisions afin de favoriser un comportement plutôt qu’un autre. Bref, Il y en aura plus de 90 et l’on apprendra plus tard qu’ils sont tirés du Kanban maturity model.
Ce que je retiens de cet atelier :
Divisés en équipe, chacun à tour de rôle, nous posons une question proche d’un dilemme et chacun a une main de 5 filtres tirés au sort. Un peu à la façon d’un « blanc manger coco », nous devons proposer le filtre qui nous semble répondre au mieux pour trancher le dilemme. Vien ensuite le temps de discuter et d’analyser les filtres proposés tout en on votant pour celui qui fait le plus consensus dans le groupe.
Je n’ai pas vu le temps passer pendant cet atelier et j’en profite pour vous partager le filtre que je pousse dans toutes mes équipes dans lesquelles j’ai la chance de travaille : « C’est celui qui fait qui a raison ». Une façon de dire qu’en tant qu’équipe, nous encourageons la prise de décision et le mouvement. Si quelqu’un se trompe, nous gérerons les répercussions collectivement tout en capitalisant afin de pouvoir faire mieux la prochaine fois.
Que retenir de cette édition 2026 ?
Comment ne pas retenir ma conférence ainsi que celles de mes collègues rennais, un beau succès collectif qui illustre bien la dynamique de notre communauté locale. Un des autres moments forts fut également la soirée regroupant les orateurs et les organisateurs. Dans le cadre accueillant des terrasses du Thabor, nous avons pu échanger avec tous ceux qui font avancer l’agilité dans le bassin rennais.
Je repars donc avec des contacts et des noms qui ne sont plus des inconnus et que je vais forcément revoir par la suite. Cet Agile Tour Renne était une aventure riche de sens qui a duré bien plus que le temps d’un simple atelier, ce fut une épopée de cinq mois qui m’a permis d’apprendre sur moi, ma vision de l’agilité et la communauté agile bretonne!
Je remercie l’agence de Néosoft Rennes de m’avoir permis de participer à ce beau défi car nos compétences se développent autant lors de notre expérience en mission que lors de ces moments de partage avec l’ensemble de la communauté et de nos pairs. C’est aussi cela d’être consultant.
Pour en savoir plus sur toutes nos conférences :
- « Fishbowl : là, gît l’agilité ? » par Kim Dang, Technical officer Agilité, le mardi 2 juin à 12h15.

Depuis seconde moitié 2025, on parle de la mort de l’agilité, du retour du cycle en V, de l’abandon des transformations agile.Quelles vérités, pour quels marchés ? Si on détermine les raisons, peut-on y faire quelque chose ? Devrait-on y faire quelque chose? Rencontrons-nous entre participants de l’Agile tour Rennes dans un format « fishbowl » pour un moment d’échange à l’issue duquel chacun repartira avec plus d’éléments pour trancher sa question : fuir ou combattre.
- « A quand remonte votre dernier daily efficace ? » par Kervin Kueny, Technical officer Agilité, le mercredi 3 juin à 11h25.

Le daily meeting ? Vous savez, la réunion de 15 minutes le matin… Si vous allez au daily meeting en trainant des pieds, ce talk est pour vous !
Votre daily meeting est une perte de temps ? Les 3 questions sont débitées par chaque personne sur un ton monotone ?
Les débats s’éternisent ? Cette réunion de reporting vous gonfle ? Elle est tellement inutile que vous l’avez supprimée (ou vous y pensez fortement) ?
Pas de panique, avec quelques changements, on peut rendre cette réunion efficace, et même vous rendre enthousiaste à l’idée de la prochaine !
- « Battle Royale Agile — Humain vs IA : qui écrit la meilleure user story ? » par Charles Olivier Maud, Scrum Master, le mercredi 3 juin à14h30

Soyons honnêtes : t’as déjà demandé à une IA d’écrire une user story à ta place. Et t’as trouvé ça « pas mal ». Mais « pas mal », c’est suffisant pour embarquer une équipe de devs qui en a vu d’autres ? En 2026, le PM/PO se retrouve à un carrefour bizarre : l’IA sait rédiger des tickets plus vite que lui, les devs trouvent ses stories trop intrusives ou trop vagues, et l’agilité elle-même est en pleine mutation. Alors on fait quoi ? On panique ? On se reconvertit en prompt engineer ? Ou on reprend le contrôle ? Dans cet atelier, on règle ça sur le ring. Format Fishbowl + Battle Royal
