Agile Niort 2026 et la belle découverte du « forum ouvert »

Sommaire
- Pourquoi participer à Agile Niort ?
- Comment organiser ses journées sur place ?
- Le lancement de la première journée
- Les ateliers du « Forum ouvert »
- La seconde journée de conférences
- Que retenir de cette édition 2026 ?
Pour ma première participation à l’Agile Niort, je ne m’attendais pas à vivre un événement qui changerait ma perception de l’agilité. Avec le thème de cette édition « Et Maintenant… », qui n’était pas une question technique, mais une invitation à repenser notre manière d’accompagner les individus dans la transformation.
Cette première journée, organisée sous forme de « Forum ouvert », m’a offert une expérience rare : d’entrevoir une agilité qui ne s’adresse pas seulement aux processus, mais à l’être humain dans toute sa complexité. Chez Néosoft, où nous parlons souvent de l’humain avant le processus, cette journée en a été un bon rappel. S’en est suivi la deuxième journée, plus traditionnelle, jalonnée par de multiples conférences.
Pourquoi participer à Agile Niort ?
En tant que consultant et scrum master chez Néosoft, je suis régulièrement amené à accompagner des équipes dans leur transformation agile. J’ai souvent constaté que les « difficultés » que nous pouvons rencontrer, telles que la résistance au changement, le manque d’engagement et le burn-out ne sont pas toujours liées à la méthode mais plutôt à la manière dont nous accueillons les individus.
Participer à l’événement Agile Niort 2026 était donc une opportunité de sortir de ma zone de confort. Cela m’a permis de découvrir de nouvelles pratiques inspirantes. Cet élargissement de mon spectre m’a permis de savoir comment développer plus inclusivité et ainsi amélioration ma capacité de transformation avec mes équipes.
Comment organiser ses journées sur place ?
L’événement s’est déroulé, sur deux jours cette année, avec pour thématique centrale de « Et Maintenant… ». La première journée a débuté sous la forme d’un « Forum ouvert », une première pour moi.
Pour cette journée particulière, les organisateurs ont pris le parti de commencer avec une conférence afin de stimuler la réflexion collective puis de recueillir les les idées de chacun. L’ensemble de ces sujets ont ensuite été séquencé dans le planning de la journée.
La seconde journée s’est déroulée sous une forme plus classique avec un système de planning de conférences.
Ce que je retiens du format « Forum ouvert » :
Contrairement aux conférences classiques, ce format repose sur 4 principes fondamentaux :
- Tout le monde a un point de vue utile,
- Ce qui arrive est la seule chose qui pouvait arriver,
- Ça commence quand, ça commence
- Quand c’est fini, c’est fini
À cela s’ajoute la loi des deux pieds : « Si vous n’apprenez plus ou ne contribuez plus, vous êtes libre de rejoindre une autre discussion. »
Cette liberté de mouvement a créé un espace d’authenticité rare : pas de jugement ni de contrainte bref personne n’était forcé de rester. C’était une agilité vivante, en action. Et c’était une expérience que j’ai déjà envie de revivre.
Le lancement de la première journée
Cette première journée à démarrer par cette conférence sur la neuroatypie :: “Et si l’agilité laissait exprimer nos atypies… ou si nos atypies faisaient évoluer l’agilité ?” par Charline Rageade et Elsa Iguedjtal
j’ai pu notamment découvrir que 20 % de la population mondiale est neuroatypique. HPI[1], HPE[2], TDA/H[3], TSA[4], PYS[5]… Des profils que nous considérons souvent comme « trop sensibles », « trop lents », « trop rigides ».
Mais une vérité qui m’a frappé :« Une personne neuroatypique est comme un canari dans la mine : elle réagit aux toxines que les autres ne sentent pas. Elle est un rapporteur d’étonnement sur pattes.«
C’est-à-dire : ces profils que nous imaginons comme « plus difficiles » à manager sont souvent les premiers à nous dire que notre environnement est dysfonctionnel.
Le message central ?
L’agilité ne peut pas être une méthode pour “faire plus vite”. Elle doit être une culture qui accueille la diversité cognitive comme une richesse, pas une contrainte.
[1] Haut Potentiel Intelectuelle
[2] Haute Performance Émotionnelle
[3] Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité
[4] Trouble du Spectre de l’Autisme
[5] Psychisme atypique, souvent lié à la sensibilité extrême
Les ateliers du « Forum ouvert »
Après cette première conférence, les organisateurs ont réparti les idées en proposition d’atelier participatif auxquels j’ai pu participer.
Premier atelier : « Il faut que tu respires »
Lors de cette session, nous avons partagé des techniques de respiration pour réguler le stress et l’incertitude. Entre, inspiration profonde par le ventre, pause, expiration lente… il y avait plus que des techniques de relaxation, c’était un partage entre l’ensemble des acteurs.
Beaucoup d’entre nous ont avoué avoir parfois vécu des moments de stress intense au travail, des crises d’angoisse, des burn-outs silencieux. Respirer, c’était revenir à soi, prendre le temps de reprendre le contrôle de nos émotions et de la situation. Et c’est là, que j’ai compris que nous n’étions pas seuls et que la solution commence parfois par un souffle ou un atelier collectif.
Deuxième atelier : « Défi créatif et collaboration »
Dans cet atelier, l’animateur nous a partager un trombone et nous avons du imaginer le plus d’usages possibles pour celui-ci. D’abord een équipe de 2, puis par 4 et enfin tous ensemble. Les idées ont explosé à chaque palier.
Puis, une seconde étape, le même exercice à 3 contre 3, en face à face, sans parler, avec une frontière immuable. Le but ? Faire en sorte que l’autre soit de ton côté pour gagner. La solution ? Pour cela je vous invite à expérimenter l’exercice. On a pu voir les différentes interprétations des règles et de la façon de voir la « victoire ».
C’était une métaphore parfaite : la collaboration n’est pas une compétition, c’est une co-création. Comme une bougie qui brille plus fort quand une autre brille à côté d’elle. Aucune ne gagne, toutes deux éclairent.
Troisième atelier : « Chaos Organisation »
En réalité, cet atelier n’avait pas pour ambition pas de créer du chaos mais de savoir y répondre : c’était de l’auto-organisation naturelle.
Pour nous challenger, nous nous sommes placés par 3 en triangle, avec deux inconnus comme repères. D’abord sans parler, puis en annonçant par un simple « je bouge », nous devions réagir le plus naturellement possible au déplacement du reste de l’équipe.
L’exercice se complexifiant tour à tout avec des consignes du type : « en regardant uniquement vos pieds ». Bref, à chaque nouvelle règle, une adaptation et une organisation émergente. Pas toujours parfaite mais le plus souvent, plus efficace. Et ce, Sans manager ni plan prédéterminé… Juste des êtres humains qui s’ajustent. Ce que j’en ai retenu ? La structure n’est pas un obstacle à l’agilité — elle est probablement son résultat.
Dernier atelier de la journée : “Sketch Notes”
Le plus souvent nous intervenons dans des cadres complexes et sur des problématiques compliqués. Et pour trouver la meilleures solutions, il donc important de pouvoir réduire au maximum toute cette complexité.
Dans ce dernier atelier de la journée, nous avons donc du apprendre à dessiner nos idées, non pas dans un but artistique mais afin de pouvoir mieux les clarifier. A base de traits, de formes simples ou de flèches structurées : ces illustrations simples mais efficaces permettent d’amener une meilleure compréhension des solutions.
Et puis, ne dit-on pas qu’une image vaut 1 000 mots ?! L’utilisation de la mémoire visuelle est bien souvent plus puissante que la mémoire textuelle et permet, in fine, de certainement rendre les idées plus accessibles.
La seconde journée de conférences
Cette rétrospective de Wikimédia France montre Wikipédia comme un commun numérique majeur, mais sous pression.
« L’Agilité en 2030 et 2050 » par Maxime Bonnin
Cette conférence nous a proposé une plongée dans le Design Fiction. Imaginez un journal de 2050, un produit alimentaire à base d’insectes, un spot publicitaire absurde… Pourquoi ? Pour questionner notre présent.
Cette session nous a permis d’avons d’imaginer “L’agilité de 2050” :
- Comment serait constitué une équipe agile ?
- Comment serai le travail au quotidien ?
- Les évolutions des postes ?
Au delà de la simple science-fiction, ces projections pourraient être nous donner une image de ce que pourrait donner l’avenir.
« L’enjeu majeur d’une transformation agile, c’est la transformation, pas l’agilité » – Benjamin Cabanne & Laurent Cervilla
Une conférence profonde dont le sens premier est de nous faire que le changement n’est pas une technique mais plutôt une expérience humaine. Notamment utilisant la métaphore de Saint-Exupéry : « Si tu veux construire un bateau, ne donne pas de plan, ne distribue pas des outils. Donne envie de la mer. »
La transformation, c’est comme un arbre dont le soleil est la vision, les racines sont à base des valeurs et de la culture, quant uax branches, elles seraient les pratiques.
Le changement ne passe pas par la force, il passe par la résonance et traverse plusieurs phases :
- Le nouveau départ
- Le marasme (le vide, la désillusion)
- Le cocon (préparation)
- La transformation (auto-renouveau)
Le vrai défi de cette philosophie agile? Ne pas vouloir “changer” les gens, mais les accompagner à se transformer eux-mêmes.
« Savoir dire NON » par Gwendoline Cartier & Alain Delachaux
Un atelier vital ! Beaucoup d’entre nous (moi le premier) ont parfois du mal à dire non. Pourquoi ? Parce que nos “drivers” d’enfance nous ont conditionnés : “Sois fort”, “Écoute les aînés”, “Ne déçois pas”, etc…
Un « non » non exprimé peut avoir de grave conséquence : il peut vous pousser vers la surcharge, voire même jusqu’au burn-out.
Les animateurs nous ont offert un cadre simple :
- Avant : prendre du temps et évaluer son envie réelle.
- Pendant : remercier tout refusant avec clarté.
- Après : proposer une alternative (“pour éviter le syndrome de la patate chaude”), ou expliquer ses propres limites.
L’assertivité n’est pas de l’agressivité, il faut savoir respecter les autres en commençant par se respecter soi-même.
Le message clé de cette conférence serait : “Dire non, c’est se préserver. Et se préserver, c’est pouvoir continuer à donner.”
Que retenir de cette édition 2026?
Les ateliers du « Forum ouvert » nous ont rappelé que l’agilité doit être vivante. Ces moments, pourtant ludiques, n’étaient pas des jeux mais un partage de pratiques d’intelligence collective, où la confiance, la liberté et la bienveillance deviennent les véritables moteurs de la collaboration.
Plusieurs conférences ont fait évoluer ma perception de l’agilité et ont résonné comme des appels à la responsabilité :
- Si 20% de la population est neuroatypique, au lieu de leurs demander de changer, ne devrions nous pas les écouter comme autant de « lanceurs d’alerte » ? Rappelons nous que l’agilité ne sert à rien, si elle ne rend pas le travail plus humain.
- La transformation n’est pas un projet technique, c’est un parcours plus profond pour chacun d’entre nous. Ce serait comme pour motiver une équipe à construire un bateau, si vous commencez par leur donner envie de prendre la mer alors il feront tout pour réussir leur construction collective…
- Dire « non », c’est aussi se préserver pour aussi être plus productif ou se projeter dans l’avenir pour revoir nos pratiques d’aujourd’hui avec plus de lucidité.
Pour aller plus loin :
Voici quelques idées de lecture pour aller encore plus loin sur ces sujets :
- les travaux d’Albert Moukheiber, neuroscientifique, figure de la vulgarisation scientifique actuelle,
- « Mon cerveau a besoin de lunettes”« d’Annick Vincent,
- Le projet Rupture Douce #09 de Laurent Sarrazin : https://laurentsarrazin78.wixsite.com/rupture-douce/tome-09,
- The manual of Design Fiction (2022), J.Bleecker, N.Foster, F.Girardin, N.Nova,
- EP Vol. 2 – Design Fiction (2016), A. Coles,
- Beyond Speculative Design: Past, Present, Future (2021), I.Mitrovic, J.Auger, J.Hanna, I.Helgason,
- Futurofolies (2023), E.Grimaud, J.Wacquez (collectif).
